Un mois de légendes /
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Je clopine
Je clopine sous la gare, porté par le courant des pendulaires qui dégringolent des quais, arrosés par une béchamel musicale insipide. Alors qu’on me dépasse par la gauche, par la droite, pressé par l’horaire, me coupe la route (à cheval sur un rayon de lumière) une apparition, mi-homme, mi-femme qui bat des ailes avec son manteau pour s’envoler sur l’escalier roulant en chantant.
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Choc d’Avatars
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Liverpool, ville… étrange
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Se retrousser les manches.
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Bacalao
Il y a dans la périphérie de cette image, à droite, un homme passionné intarissable, meilleur ouvrier de France en vannerie (…) tellement prolixe qu’il en a oublié de poser des questions à son auditoire subjugué. Il y a aussi, assises un peu plus loin, trois femmes d’envergure qui observent Damien, généreux et joyeux hôte, défourner son bacalao. Et ainsi passent les soirées où chacun ne peut pas être autre chose que lui-même, moi y compris, Amen !
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Ce sera une bonne année pour la Bourse américaine
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Chevreuils et renard
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Pinocchios
Je tombe sur le cul, si j’ose dire. Alors que je réfléchis à la manière dont la presse façonne notre perception des évènements (pour finalement satisfaire ses propriétaires fonciers que sont les annonceurs, les partis politiques et les industriels du papier de toilettes avec lequel on se torche les émotions), évènements qui permettent de mettre du beurre dans les rotatives, évènements qui permettent aux politiques de nous forcer de choisir entre deux seuls choix possibles : pour ou contre et ainsi flinguer la nuance, la complexité. Évènements qui annoncent un retour des dogmes, d’un retour du politiquement correcte et du respect de l’autorité, des vertus et des postures morales prônées par l’état (alors qu’il est encombré de Pinocchios).
Et c’est au milieu de ces désastres, vendus par la feuille de chou que je consulte, que six jeunes filles se proposent de divertir mes illusions et pomper ma carte de crédit.
Mazette ! on va claquer d’un cancer du fric.
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Sur ces quatre mètres carrés vous lancerez le dialogue.
C’est un tapis que les racoleurs en tout genre peuvent louer à la Poste. Pour sauver nos amis à quatre pattes. Pour aider les enfants maltraités par la guerre. Pour venir en aide aux baleines pourchassées. Pour vendre des produits de beauté (bio). Des assurances. De l’épicerie, genre noisettes, miels divers et autres compotes (bio). Pour soulager les victimes du sida. Pour aider les exclus et les laissés-pour-compte. Les fauves maltraités. Sur ces quatre mètres carrés de tapis crotté, déclare la poste, vous lancerez le dialogue et vous offrirez aux clients de la poste de passage de shampoigner leur mauvaise conscience.
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Un peu plus loin
Est-ce qu’on peut faire du noir et blanc en couleur ?
Un peu plus loin en y pensant, je croise un flic qui me dit : Bonjour Monsieur.
C’est pas à Genève que ça m’arriverait… et il me fait perdre le fil de mes pensées.
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Ah Liverpool
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L’histoire
Au large, on devine Evian, (plus qu’une Eau Minceur calibrée par le taille crayon des tendances) où furent signés les accords éponymes qui ont permis aux algériens de se libérer de la tutelle des colons. A droite, sont les quais de Vevey et son arrogant château de l’Aile où Paul Morand s’est planqué en 1948, encombré par sa mauvaise conscience et ses propos maréchalistes. Au centre, une buvette où les jeunes viennent draguer, l’été.
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Humus
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Luxe
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La Mort (bis)
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Le lion est mort
On est là. Sans savoir quoi dire. Certains silencieux. D’autres ravis de retrouver une vieille connaissance. Surpris peut-être d’être un peu moins laminé par la vie qu’un tel, qui vraiment en a bavé. Ou qu’une autre, mon Dieu, je ne l’ai d’abord pas reconnue. Mais la tristesse rôde entre les conversations, se faufile entre un soudain éclat de rire qui retombe vite, amorti par la pudeur. Oui c’est terrible de mourir quand on a été si vivant, conquérant, tellement engagé dans le partage. Quelle injustice ! Les conversations font la ronde autour de la femme du lion, digne, le chagrin enivré par toute cette sollicitude. M’aperçoit alors Philippe, sourire fendu jusqu’aux oreilles, calotte en laine sur le crâne : Mon chéri, vient que je t’embrasse sur la bouche, et me touche, et m’enlace et rit comme un môme au milieu des groupes de vieux amis maintenant devenus grands-pères, grands-mères, certains avec encore du feu encore dans les yeux, d’autres épuisés par trop de plongeons dans des piscines vides. Georges, le lion est mort et nous venons te saluer… Lance son grand ami dans cette antichambre du crématoire. C’est fou comme il faut se sentir mortel pour se sentir vivre.
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Pour se la faire belle en 2016 …
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Au « Petit Chalet »
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Crème fraîche
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..il a raison.
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Divaguer
Ces effigies en polyester, blanches comme des merdes de laitiers, figées dans des poses convenues, sont racoleuses, car c’est bien de ça qu’il s’agit : racoler ! elles me font penser, (je divague en attendant mon rendez-vous, rien d’autre à faire) à ces statues qui sont dans les églises et invitent, elles aussi, le mécréant, le dévot et les croyants, à donner à l’intangible l’illusion d’une réalité. Celles des vitrines des magasins veulent le code de nos cartes de crédit. Celles des églises notre soumission (avec en passant une petite pièce dans le tronc). Et me voilà, (toujours divaguant) au pied de la statue d’un Staline, d’un Kim il Sung qui tend son bras vers l’horizon et semble dire : Va chercher, ramène… quelle différence entre une poupée en tenue affriolante, un Staline de huit mètres de haut et un corps souffrant sur une croix ? Me faire adhérer à une idée, un dogme, m’y soumettre… tout en sachant qu’une statue une poupée, c’est fait avec du vide, c’est creux, l’idée du vide me plait, mais au même moment le téléphone sonne : Vous êtes où ? Ça fait un moment que je vous attends….
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reçu 5 sur 5
Je veux que la mort me trouve plantant mes choux, mais nonchalant d'elle, et encore plus de mon jardin imparfait. Montaigne
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