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…sans vergogne.
Que nous dit un caddy à un arrêt de bus de la personne qui l’abandonne sans vergogne.
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Pourquoi est-ce que les Suisses sont de si bons photographes ?
Pourquoi est-ce que les Suisses sont de si bons photographes ?
Cette amicale provocation au pays de Niepce, Nadar et de Cartier Bresson pose pourtant une vraie question : Est-ce qu’on est jamais plus pressé d’aller voir ailleurs, quand on est à l’étroit dans sa chambre, entouré d’une clôture de jardin, l’horizon bouché par les montagnes ?
Dans quelle mesure notre environnement, le paysage, notre point de vue conditionnent-ils notre manière de penser, d’observer et d’agir ?
Les peintres, précurseurs des photographes, déjà disent l’attachement à l’espace, à la lumière, dans la composition de leurs tableaux. Peu de lignes droites chez les paysagistes suisses. Les montagnes, souvent dressées en toile de fond (qui ressemblent d’ailleurs aux graphiques des cours de la bourse) barrent le plus souvent les horizons, provoquent l’imagination, stimulent l’envie de grimper, de dépasser, de conquérir pour aller voir, pour aller découvrir.
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Toujours aller voir était le formidable viatique de Mermoz et Guillaumet, les pilotes de l’aéropostale… C’est aussi le viatique des douze photographes exposés ici.
Toujours aller voir !
Mais il n’y a pas que les photographes qui sont propulsés par ce moteur narratif, il y a aussi Nicolas Bouvier, voyageur impénitent, iconographe, photographe et auteur du formidable : L’usage du monde. Nicolas Crispini qui l’a fréquenté (comme voisin d’atelier) signe au Musée d’Art Contemporain de Montélimar Voyage au Levant, une exposition centrée sur la période japonaise du grand écrivain.
Son livre… L’usage du monde… nous aura inspiré pour cette treizième édition du festival Présence(S) qui met la Suisse à l’honneur en la titrant Quel usage du monde.
Quel usage du monde est à la fois une interrogation et une exclamation, une réflexion que douze autrices et auteurs et le collectif Unephotoparjour posent sur notre époque…
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Avant de vous les présenter, et avant de célébrer ce qui nous réunit, j’aimerais vous toucher deux mots sur ce que le calvinisme a laissé comme trace sur une grande partie de la Suisse et de l’Europe).
Calvin, originaire de Picardie, prône à Genève un iconoclasme pur et dur et interdit le culte des images.
C’est peut-être cette Suisse (protestante) toute confite de repliement et de gravité grise qui a mis Bouvier sur la route, fait découvrir l’Amérique et les Américains à Robert Frank, Cuba à René Burri et Luc Chessex et propulsé Ella Maillart en direction de l’Asie.
Les Suisses n’ont pas seulement voulu aller voir, ils ont aussi parfois cherché à fuir un monde étriqué par une certaine rigueur morale.
(On pourrait en débattre, en faire un fromage, tout comme on pourrait déceler dans le mouvement des gilets jaunes, des atavismes qui remontent à 1789).
Mais la Suisse d’aujourd’hui, heureusement, est moins une identité figée qu’un carrefour de différences venues d’ailleurs.
Nous vivons ensemble dans le même petit pays avec des gens dont on ne comprend pas la langue (sinon à peine) – les langues, en Suisse, il y en a quatre – on doit s’écouter, sinon s’entendre d’où l’inertie du consensus qu’un de nos ministres a parfaitement illustré par une déclaration cocasse qui fera date :
Il faut agir aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire…
Ce préambule, (qui est un empilement de clichés !) nous ramène ici, à Chabrillan et aux photographes que j’aimerais vous présenter brièvement et qui se tiendront évidemment à disposition pour vous commenter leurs œuvres plus en détails.
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Laurence Rasti nous emmène en prison, à la Chaux de Fonds, dans les plis du Jura neuchâtelois. Christian Lutz partage avec nous l’intimité d’une famille de vachers dans l’Oregon.
Nicolas Righetti nous convie à une visite des décors du pouvoir en Biélorussie. Eddy Mottaz photographie les glaciers en train de verser leurs larmes dans le Rhône qui nous relie. Zoé Aubry, fait trace des traces de ceux qui déchirent des affiches électorales, et bien plus que ça. Niels Ackermann et Sébastien Gobert nous racontent comme tout passe, même Lenin. Steeve Iuncker, nous embarque aux quatre coins du monde, dans les villes de l’extrême, Elisa Larvego répertorie avec finesse et rigueur les constructions zadistes. Romain Mader nous parle d’amour qu’il quête avec son appareil photo comme témoin. Michael von Graffenried, voit loin, voit panoramique, en prenant appui sur l’histoire de ses aïeux débarqués en Caroline du nord en 1710. Nicolas Faure met le désordre en ordre en le cadrant parfaitement. Zalmaï, en Afghanistan, nous raconte sa vie, la vie en photographiant celle des autres, le collectif Unephotoparjour déroule au quotidien, pour certains depuis 20 ans, son long chapelet d’images et Jean Revillard, mort trop tôt, Jean qui a eu plusieurs vies, nous livre un témoignage douloureux sur le déracinement.
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Tous ces travaux photographiques ont un engagement qui s’oppose radicalement au confort d’images lénifiantes et de paysages fleuris… Ils bousculent nos certitudes, interrogent notre rapport au monde, offrent une présence à ceux qui n’en ont pas, suspendent aux cimaises les soubresauts des idéologies qui agonisent et nous plongent dans le chaudron immense dans lequel la mondialisation bouillonne – et nous cuit.
Mais ces photographies sont aussi autant d’autoportraits de celles et ceux qui les ont réalisés. Il y a derrière chacun de ces travaux exposés… de l’énergie, un engagement financier, de l’obstination, un rapport au réel, un savoir-faire.
Ces œuvres comptent d’autant plus qu’elles s’inscrivent au seuil d’un puissant cataclysme, un incroyable bouleversement. La nature même de la photographie – (pile 200 ans après la première image fixée par Niepce) est aujourd’hui profondément marquée par l’intelligence artificielle.
Plus besoin d’aller voir, plus besoin de se confronter à l’autre, plus besoin d’aller au charbon, dans la lumière, on peut produire du mensonge en quelques clics de souris.
Mais alors ?
Quel usage du monde !?!
Comment continuer à photographier ? Comment dire la vie sans la trahir, sans mentir, comment préserver cet ultime espace de liberté qu’est la création ?
Peut-être simplement en continuant de rester curieux, et comme Bouvier, Mermoz et les photographes exposés ici Toujours aller voir !
F.T.
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Sur les façades du secours populaire…
… suspendre sans faire de trous, une sacrée gageure.
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retraite, ce vilain mot qui n’a pour N. aucun sens.
L’ami fête le versement de ses cotisations Assurance Vieillesse et Survivants (AVS) que chaque helvètes touche (s’il a bien cotisé) au moment de sa retraite – retraite, ce vilain mot qui n’a pour N. aucun sens.
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Mais pourquoi
Mais pourquoi vous avez planté cette charmille juste sous la branche du chêne?
Je n’ai fait que suivre les métrés du plan de mon chef.
Mais, déjà elle touche de sa cime le chêne.
C’est pas mon problème si j’ai un chef qui est un con.
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Vous connaissez…
…la pièce Art de Yasmina Reza ? L’histoire d’une dispute autour d’un tableau blanc.
Non c’est pas un tableau, c’est un écran, c’est pour me projeter des films.
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