Divaguer

02/01/2016

Ces effigies en polyester, blanches comme des merdes de laitiers, figées dans des poses convenues, sont racoleuses, car c’est bien de ça qu’il s’agit : racoler ! elles me font penser, (je divague en attendant mon rendez-vous, rien d’autre à faire) à ces statues qui sont dans les églises et invitent, elles aussi, le mécréant, le dévot et les croyants, à donner à l’intangible l’illusion d’une réalité. Celles des vitrines des magasins veulent le code de nos cartes de crédit. Celles des églises notre soumission (avec en passant une petite pièce dans le tronc). Et me voilà, (toujours divaguant) au pied de la statue d’un Staline, d’un Kim il Sung qui tend son bras vers l’horizon et semble dire : Va chercher, ramène… quelle différence entre une poupée en tenue affriolante, un Staline de huit mètres de haut et un corps souffrant sur une croix ? Me faire adhérer à une idée, un dogme, m’y soumettre… tout en sachant qu’une statue une poupée, c’est fait avec du vide, c’est creux, l’idée du vide me plait, mais au même moment le téléphone sonne : Vous êtes où ? Ça fait un moment que je vous attends….